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Publié : 01 juin 2026 14:37
Je viens de mater Tel père, tel fils ...

Sorti en 2013 et réalisé par Kore-eda, Tel père, tel fils est probablement le film le plus réputé du réalisateur japonais avec Une affaire de famille (2018). C'est avec ce film qu'il obtient sa première récompense au Festival de Cannes, celui du prix du jury. Dans tel père, tel fils, on y retrouve Lily Franky qui est l'un des acteurs fétiches de Kore-eda. Je crois même qu'ici c'est leur première collaboration et il s'en suivra bien d'autres. C'est avec ce film qu'on se rend compte à quel point Kore-eda est proche dans son style de Ozu, un style très contemplatif, avec des plans fixes et toujours parfaitement cadrés. Ils partagent également les mêmes sujets de prédilection, l'importance de la famille et le respect des traditions.
Dans Tel père, tel fils, on va suivre deux familles, les Nonomiya qui sont plutôt aisés et instruits (le père est architecte et le fils joue du piano), ainsi que les Saiki qui sont plus modestes et humbles (le père est simple commerçant). Ils vont apprendre que six ans auparavant, leurs enfants ont été échangés à la maternité. Le pitch de départ nous rappelle forcément La vie est un long fleuve tranquille (1988), mais ici dans un contexte japonais. Et si le film d'Étienne Chatiliez était une pure comédie sociale, le film de Kore eda appuie beaucoup plus sur l'aspect dramatique de la chose. Toujours est-il qu'ici c'est la famille bourgeoise qui va découvrir la terrible erreur et il leur sera proposé de rencontrer l'autre famille. Dés leur première rencontre, la simplicité et la bonhomie de Yudai Saiki (Lily Franky) contraste tout de suite avec l'arrogance de Ryota Nonomiya (Masaharu Fukuyama).
Alors qu'un procès est intenté contre l'infirmière qui a fait (intentionnellement ou non) l'échange, les deux familles doivent décider quoi faire ? Continuer comme si de rien n'était ? Accepter l'échange des deux enfants ? Payer les parents biologiques pour garder les deux enfants ? Quoi qu'il en soit, cela ne va pas se faire sans conséquences pour les enfants, qui vont voir leur quotidien perturbé. Pour les parents aussi, cela s'avère être éprouvant. Ils se sont attachés à l'enfant qu'ils ont vu naitre et qu'ils ont élevés, sans savoir que ce n'était pas leur sien. Personne n'est coupable ici et il n'y a que des victimes (les parents et les deux enfants). Alors si, il y a bien une coupable, l'infirmière, mais là encore le film évite tout jugement hâtif.
Alors je ne les ai pas tous vu, mais Tel père, tel fils est jusqu'à présent mon Kore-eda préféré. Comme à son habitude, c'est extrêmement bien écrit, très riche dans les rapports humains et pas une seule seconde on tombe dans le pathos. Kore-eda nous montre la réaction des deux familles, sans les juger, bien que le film insiste beaucoup au début sur l'éducation très stricte de Ryota. A contrario, Kore-eda nous montre que la famille plus modeste privilégie une éducation aimante, avec Yudai qui est un père attentionné et qui donne de son temps pour éduquer ses enfants. Le film insiste bien sur Ryota qui rentre tard le soir, qui n'a pas de temps à consacrer à son fils, si ce n'est pour exprimer sa désapprobation, alors que Yudai joue avec ses enfants et passe la journée avec eux. Lily Franky est vraiment très convaincant dans la peau de ce père tendre et loufoque. C'est un peu père qu'on aimerait tous avoir. Masaharu Fukuyama quant à lui incarne à la perfection l'arrogance de la classe aisée qui se croit tout permis, y compris d'acheter un enfant.
Pourquoi ce titre Tel père, tel fils, me direz-vous ? C'est en référence à Ryota qui veut que son fils soit à son image, qu'il s'endurcisse, qu'il ait une mentalité de vainqueur comme lui. Pour lui, tout problème a une solution, ou tout du moins c'est ce qu'il pensait jusqu'à présent. Mais devant une situation qu'il ne maitrise plus, sa carapace va se fissurer. S'il ne veut pas perdre son fils et sa femme, il va devoir évoluer, revoir ses priorités et prendre de la hauteur sur la vie. Ryota est vraiment le personnage central du récit, c'est à travers ses yeux qu'on va vivre le bouleversement de son quotidien. Alors ça ne fait pas de Yudai un personnage inintéressant, au contraire. C'est lui qui nous fait dire qu'on s'est tous trompé, que l'argent ça ne suffit pas pour faire une vie heureuse. Il n'a pas d'argent, mais il donne de l'amour à ses enfants et ses enfants le lui rendent bien. C'est une leçon que va devoir apprendre Ryota, à ses dépends.
A noter tout de même que les deux mères, Midori Nonomiya (Machiko Ono) et Yukari Saiki (Yōko Maki), sont légèrement plus en retrait. C'est le léger reproche que je fais au film, de porter beaucoup plus l'attention sur les pères au détriment des mères. Mais c'est bien le seul reproche que je pourrais faire au film. Comme dans Une Affaire de famille ou Les Bonnes Étoiles (2022), Kore-eda nous montre un autre modèle familiale qui s'affranchit des liens du sang. C'est aussi un film qui essaie de réconcilier les classes les plus aisées avec les classes plus modestes. On passe tour à tour des rires aux larmes et à la fin on en ressort le cœur plus léger et l'impression d'avoir vu un grand film.

Sorti en 2013 et réalisé par Kore-eda, Tel père, tel fils est probablement le film le plus réputé du réalisateur japonais avec Une affaire de famille (2018). C'est avec ce film qu'il obtient sa première récompense au Festival de Cannes, celui du prix du jury. Dans tel père, tel fils, on y retrouve Lily Franky qui est l'un des acteurs fétiches de Kore-eda. Je crois même qu'ici c'est leur première collaboration et il s'en suivra bien d'autres. C'est avec ce film qu'on se rend compte à quel point Kore-eda est proche dans son style de Ozu, un style très contemplatif, avec des plans fixes et toujours parfaitement cadrés. Ils partagent également les mêmes sujets de prédilection, l'importance de la famille et le respect des traditions.
Dans Tel père, tel fils, on va suivre deux familles, les Nonomiya qui sont plutôt aisés et instruits (le père est architecte et le fils joue du piano), ainsi que les Saiki qui sont plus modestes et humbles (le père est simple commerçant). Ils vont apprendre que six ans auparavant, leurs enfants ont été échangés à la maternité. Le pitch de départ nous rappelle forcément La vie est un long fleuve tranquille (1988), mais ici dans un contexte japonais. Et si le film d'Étienne Chatiliez était une pure comédie sociale, le film de Kore eda appuie beaucoup plus sur l'aspect dramatique de la chose. Toujours est-il qu'ici c'est la famille bourgeoise qui va découvrir la terrible erreur et il leur sera proposé de rencontrer l'autre famille. Dés leur première rencontre, la simplicité et la bonhomie de Yudai Saiki (Lily Franky) contraste tout de suite avec l'arrogance de Ryota Nonomiya (Masaharu Fukuyama).
Alors qu'un procès est intenté contre l'infirmière qui a fait (intentionnellement ou non) l'échange, les deux familles doivent décider quoi faire ? Continuer comme si de rien n'était ? Accepter l'échange des deux enfants ? Payer les parents biologiques pour garder les deux enfants ? Quoi qu'il en soit, cela ne va pas se faire sans conséquences pour les enfants, qui vont voir leur quotidien perturbé. Pour les parents aussi, cela s'avère être éprouvant. Ils se sont attachés à l'enfant qu'ils ont vu naitre et qu'ils ont élevés, sans savoir que ce n'était pas leur sien. Personne n'est coupable ici et il n'y a que des victimes (les parents et les deux enfants). Alors si, il y a bien une coupable, l'infirmière, mais là encore le film évite tout jugement hâtif.
Alors je ne les ai pas tous vu, mais Tel père, tel fils est jusqu'à présent mon Kore-eda préféré. Comme à son habitude, c'est extrêmement bien écrit, très riche dans les rapports humains et pas une seule seconde on tombe dans le pathos. Kore-eda nous montre la réaction des deux familles, sans les juger, bien que le film insiste beaucoup au début sur l'éducation très stricte de Ryota. A contrario, Kore-eda nous montre que la famille plus modeste privilégie une éducation aimante, avec Yudai qui est un père attentionné et qui donne de son temps pour éduquer ses enfants. Le film insiste bien sur Ryota qui rentre tard le soir, qui n'a pas de temps à consacrer à son fils, si ce n'est pour exprimer sa désapprobation, alors que Yudai joue avec ses enfants et passe la journée avec eux. Lily Franky est vraiment très convaincant dans la peau de ce père tendre et loufoque. C'est un peu père qu'on aimerait tous avoir. Masaharu Fukuyama quant à lui incarne à la perfection l'arrogance de la classe aisée qui se croit tout permis, y compris d'acheter un enfant.
Pourquoi ce titre Tel père, tel fils, me direz-vous ? C'est en référence à Ryota qui veut que son fils soit à son image, qu'il s'endurcisse, qu'il ait une mentalité de vainqueur comme lui. Pour lui, tout problème a une solution, ou tout du moins c'est ce qu'il pensait jusqu'à présent. Mais devant une situation qu'il ne maitrise plus, sa carapace va se fissurer. S'il ne veut pas perdre son fils et sa femme, il va devoir évoluer, revoir ses priorités et prendre de la hauteur sur la vie. Ryota est vraiment le personnage central du récit, c'est à travers ses yeux qu'on va vivre le bouleversement de son quotidien. Alors ça ne fait pas de Yudai un personnage inintéressant, au contraire. C'est lui qui nous fait dire qu'on s'est tous trompé, que l'argent ça ne suffit pas pour faire une vie heureuse. Il n'a pas d'argent, mais il donne de l'amour à ses enfants et ses enfants le lui rendent bien. C'est une leçon que va devoir apprendre Ryota, à ses dépends.
A noter tout de même que les deux mères, Midori Nonomiya (Machiko Ono) et Yukari Saiki (Yōko Maki), sont légèrement plus en retrait. C'est le léger reproche que je fais au film, de porter beaucoup plus l'attention sur les pères au détriment des mères. Mais c'est bien le seul reproche que je pourrais faire au film. Comme dans Une Affaire de famille ou Les Bonnes Étoiles (2022), Kore-eda nous montre un autre modèle familiale qui s'affranchit des liens du sang. C'est aussi un film qui essaie de réconcilier les classes les plus aisées avec les classes plus modestes. On passe tour à tour des rires aux larmes et à la fin on en ressort le cœur plus léger et l'impression d'avoir vu un grand film.
